Écritures sans alphabets.

collection d'écritures (vue partielle), dessins réalisés à la table traçante, encre sur papier, 30 x 21 chaque, 2010-2011

collection d’écritures (vue partielle), dessins réalisés à la table traçante, encre sur papier, 30 x 21 chaque, 2010-2011

Rien ne paraît plus naturel que d’écrire pour nommer et designer les choses. Pourtant, comme le montrent Henri Michaux, Pierrette Bloch ou Véra Molnar, en deçà ou au-delà des conventions de l’écriture existe le signe graphique pris pour lui-même. Notre recherche présente une rencontre qu’autorise le langage numérique : celle du code (une autre forme d’écriture) qui décompose la cursivité du signe à partir d’éléments et de relations plastiques élémentaires. Cette démarche se métamorphose en un jeu plastique qui se déploie librement. La ligne qui chemine occasionne une traversée, un décentrement, une manière de dévisager l’ailleurs de l’écriture que la machine accompagne et où semblent se suspendre le geste et le sens.

Le travail présenté ici est essentiellement une approche critique et radicale des textes qui abordent et travaillent la notion d’écriture graphique. Le travail présenté s’inscrit dans la filiation des problèmes suscités par le test de Turing. Pour paraphraser Turing lui-même : « Qu’appelle t-on écrire ? qu’est-ce qu’une écriture graphique si une machine est capable d’en réaliser une ?

un croche-pied à l’oulipo.

L’oulipo invente une écriture potentielle en utilisant des procédés permutationnels et mathématiques pour interroger la « subjectivité » et les contraintes stylistiques au niveau de la littérature. Je propose de mon côté (car je ne suis ni anthropologue ni paléographe) d’interroger d’un point de vue esthétique le regard que nous portons au support même de la littérature : devenons les observateurs attentifs des contingences de l’écriture et du signe graphique en adoptant le point de vue déporté que la machine permet d’entretenir. Ce qui se dessine est comme une enfance entretenue , une langue que l’on s’approprie et que l’on ne maîtrise pas. Où l’on doit pour paraphraser G. Agamben « poursuivre son chemin vers l’enfance et dans l’enfance »

dessin à l'ordinateur, série boucles (2011), encre sur papier, 29,7 x 21 cm traceur Calcomp (plotter drawing)

dessin à l’ordinateur, série boucles (2011), encre sur papier, 29,7 x 21 cm
traceur Calcomp (plotter drawing)

pierre braun

Pierre braun vit en Bretagne. Il est représenté par la galerie Lara Vincy, Paris.

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